Le Mouvement Associatif

Posté le 15 août 2008

La Société Civile est définie comme étant le domaine organisé de la vie sociale, ayant trois principales caractéristiques, à savoir : - Volontariat  - Autosuffisance  -  Autonomie vis-à-vis de l’Etat. Cette définition aux trois caractéristiques est très importante car elle va nous permettre l’assainissement du Mouvement Associatif marocain, notamment de ceux qui profitent de la moindre occasion pour les choses qu’on connaît. De façon générale, la Société Civile regroupe toutes les actions et groupements agissant dans un cadre associatif. Le Mouvement Associatif – c’est-à-dire l’ensemble des associations civiles – constitue l’une des composantes les plus importantes des corps intermédiaires entre les autorités publiques et la société civile. Il cherche une place de partenariat avec et aux cotés de l’administration qui jusqu’à une date récente le considérait comme un élément intrus qu’il faut combattre et éloigner parce qu’il risque de fauter l’image autoritaire de son autorité. Les premières associations à être constituées revêtaient un caractère généralement culturel, au niveau des régions, selon le découpage administratif officiel. Elles étaient souvent parrainées par des notabilités officielles également (ex-ministres – conseillers du roi – présidents d’universités – présidents de communes des grandes villes…), elles étaient très mal vues et c’est pourquoi la presse de l’opposition à l’époque les appelaient : les Associations des Oueds et Plaines ; elles étaient au nombre de dix. 

Il y en a qui compte parmi la société civile : les partis politiques dont le champ d’action est limité à la politique dans le but d’accéder au pouvoir; les syndicats des ouvriers et des patronats dont le champ d’action est limité à la défense des droits de la classe ouvrière et du patronat organisé par le code social et aussi les associations qui s’occupent des droits de l’homme dont le champ d’action est l’application convenable de la loi. Ce sont là des groupes de pression qui luttent certes pour l’amélioration d’une partie de la société mais dans un domaine spécifique, déterminé avec des objectifs précis et une adhésion spécifique et restreinte. Pour ces raisons on va limiter l e Mouvement Associatif aux seules associations civiles. 

Bien que la loi régissant les associations au Maroc date de 1958, le tissu associatif n’a connu une grande émergence qu’à partir de1990, pour faire face aux contraintes économiques et sociales et à la pression de la demande aussi bien intérieure qu’extérieure. L’Etat Marocain s’est vu obligé de procéder à la création de quelques Associations Civiles et Organisations Non Gouvernementales (O.N.G.), avant que d’autres acteurs ne s’investissent dans le domaine pour les dites raisons, profitant du climat politique devenu de plus en plus ouvert sur la réalité sociale, avec l’avènement d’un nouveau Roi ayant déclaré dans l’un de ses premiers discours : le nouveau concept d’autorité. 

Ces nouveaux corps essayent d’assumer une partie des responsabilités dans la gestion de la chose publique, chacun d’un centre d’intérêt qui lui est particulier, mais en général : culturel ; sportif ; religieux ; artistique ; humanitaire ; environnemental, de développement local…et des fois regroupant plusieurs de ces spécialités à la fois, s’activant localement ou à l’échelon national. 

Si on compte aujourd’hui au Maroc quelques 38.500 associations selon une récente déclaration du ministre du développement social, de la famille et de la solidarité, il faut noter que le chiffre est très, très gonflé, pour diverses raisons dont l’exercice de quelques activités oblige les concernés à constituer une association. En voici quelques unes à titre d’exemple : - L’exploitation d’une salle de sport. 

- La construction d’une mosquée de la part des particuliers, et la collecte d’argent des bienfaiteurs et sa gestion après la construction. 

- La constitution d’un groupe artistique, musical ou théâtral. 


A signaler également que plusieurs associations, une fois constituées, restent inactives par manque de moyens ou simplement manque d’imagination. D’autres associations, notamment celles parrainées par des notabilités ne s’activent que pour pérenniser et faire perpétuer le nom et l’image du fondateur dans une propagande notoire à l’instar d’un genre publicitaire qui a uniquement pour but de rappeler au consommateur le nom du produit. Plusieurs autres associations sont sponsorisées par l’Etat ou simplement exploitées par des établissements publics aux fins de recevoir l’aide de l’Etat ou plus encore des bailleurs de fonds étrangers dans le cadre appelé abusivement partenariat, bien que l’apport de la partie marocaine n’est constitué que des deux fameux éléments : pauvreté et précarité. 

Madame la Ministre, en l’occurrence Nouzha Sqalli, a répondu à une question relative à la prolifération démesurée des associations en affichant une langue de bois caractéristique à une administration d’antan, qu’il s’agit d’un point positif et que la création de 10.000 autres association ne pose aucun problème à son ministère ( au budget dérisoire !). 

Pour les raisons précitées, il faut dire qu’on est loin des associations et O.N.G. de l’Occident qui sont vraiment autonomes et ont leurs propres moyens qui leur permettent l’autosuffisance. Au Maroc le slogan affiché est : telle société, telle association, et les deux éléments pauvreté et précarité reviennent souvent, sinon toujours. Ces deux éléments contraignent les associations à aspirer au statut d’Association Utilité Publique pour bénéficier des subventions du ministère. Et pour ce faire, elles doivent justifier d’un budget autonomes et de quelques ressources financières ainsi que la réalisation de projets. Ceci est un point positif qui incite les associations à oeuvrer pour le bien d’un côté et de limiter le nombre des demandeurs d’un autre. Il faut que les associations se regroupent dans un cadre associatif organisé avec des objectifs définis aux fins de contribuer à l’encadrement du citoyen et participer aux débats relatifs au développement, à la démocratisation et la libération du potentiel humain, d’une manière orientée vers l’avenir, tout en constituant un vrai partenariat institutionnel de la politique publique. Il faut que la soumission à l’Aide et à l’Assistanat de l’Etat ou des bailleurs de fonds étrangers se transforme en Volontariat et Citoyenneté et en vrai Partenariat. Si l’entreprise marocaine est sujette économiquement à la mise à niveau ; les associations doivent de même être sujette à telle opération en vue de la réhabilitation du mouvement associatif afin d’améliorer les capacités à même de secouer l’attentisme et d’accompagner les ambitions via l’élaboration d’une charte de la déontologie capable de consolider les valeurs intrinsèques à l’action sociale et la création d’un Conseil Supérieur tout en évitant le gel. Car il ne faut pas croire que la création d’un tel Conseil est une fin en soi. Il ne s’agit que d’un cadre de réglementation. 

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